For Morton Feldman

For Morton Feldman

Technique mixte. Piano automatisé, laine brute, comédien, pianiste, écrans, pantographes et texte original. Paris, 2017. 

 

Un homme part chercher conseil sur la tombe d’un compositeur mort. Sur l’injonction de son spectre, il va en Syrie, et en importe un culte obscur et une pianiste muette. Il trouvera la folie et le réconfort par le sabotage d’un des fondements de notre société : le langage.

Morton Feldman a pu décrire sa musique comme une «stase vibratoire». La pièce vise à matérialiser au plateau cet état, et à élever le niveau d’écoute du public jusqu’à cet endroit très particulier où les associations d’idées se font plus librement. Elle donnera à voir ce qui se passe dans le cerveau lorsque la musique et la déraison y font leur chemin, avec une approche cubiste du problème : pour comprendre le phénomène, il sera représenté sur le plateau sous plusieurs angles.

Cette pièce tient du concert et de la lecture. Barbara Dang, interprète Palais de Mari (1986), une pièce de Morton Feldman, sur un piano automatisé qui prend parfois le pouvoir. Conjointement, Halory Goerger, juché sur une montagne de laine, donne un texte halluciné, serti dans la partition.


EXTRAIT DU TEXTE

Je suis allé sur le tombeau de Morton Feldman

Et j’ai écouté.

Il a dit : qu’est-ce que tu sais faire ?

J’ai dit : je sais parler.
Il a dit : alors tais-toi.
J’ai dit : ça va poser problème.

Il a dit : pour trouver la voie il faut te couper la langue.

Il a dit : va au Palais de Mari, en Mésopotamie.

J’ai pris un billet pour la Mésopotamie.
C’était plus loin que je ne le pensais.