Four For

Four For

Technique mixte. Piano automatisé, laine brute, bois, métal, pianiste, percussions, interprètes, écrans et texte original. 2019.


C’est une pièce sur la stase et les métastases.

C’est une pièce sur les espaces et les hyper-espaces.

C’est une pièce sur la place de la musique dans nos vies.

C’est une pièce qui se déroule principalement dans le cerveau d’un compositeur.

Trois personnes font de la spéléo dans son inconscient, et y rencontrent la prêtresse d’un culte qui prône la disparition de la parole.

Si nous sommes une espèce musicale, comme le dit joliment Oliver Sacks, et que notre cerveau se nourrit de son, y a t-il des superaliments musicaux ? Et que peut-il nous arriver lorsque nous sommes en surdose ? Morton Feldman a pu décrire sa musique comme une «stase vibratoire». Four For vise à matérialiser au plateau cet état, et à élever le niveau d’écoute et d’attention du public jusqu’à cet endroit très particulier où les associations d’idées se font plus librement.

Avec l’intuition que la pensée musicale codétermine notre pensée tout court, on postule qu’il y a dans les rapports humains des intervalles, de l’harmonie, une tonalité, du rythme. Et qu’en comprenant mieux le phénomène musical, on comprendra mieux la société.

En mars 2017, nous avons créé rapidement une forme courte intitulée « For Morton Feldman ». Nous avons voulu poursuivre sur notre lancée en construisant une forme longue, « Four For », autour de plusieurs pensées musicales complémentaires, qui définissent aussi bien notre capacité d’écoute que de regard, et qu’on a intuitivement décidé de faire se croiser sur un plateau, dans un geste qui relève de la musique mise en scène, plus que du théâtre musical.

 

Méthode

Nous produisons nos spectacles en développant de nombreux micro-projets qui évoluent au fil du travail, dans une logique prototypage / essais / assemblage / finition, avec des allers-retours entre plateau, studio et atelier. Ce qu’il en reste à l’issue de la phase de recherche est ensuite développé. Pour ce faire, nous mettons en place en 2018 :

– un travail de recherche documentaire autour de trois compositeur-trice.s (Morton Feldman, John Cage, Eliane Radigue)

– une recherche musicale avec les interprètes (adaptation / réduction du répertoire existant, création) : comment s’emparer d’un répertoire librement ?

– une recherche autour traduction de la pensée musicale en objet de plateau, dans l’esprit de la musique mise en scène : comment donner à voir l’écriture de la musique ?

– le prototypage de sculptures-interfaces utilisées par les interprètes

– le développement d’un dispositif d’interfaçage lumière / son / vidéo / plateau conçu autour du logiciel Score, auquel contribue un membre de l’équipe, et qui devrait nous donner la souplesse requise pour qu’une écriture globale trans-régies soit possible.

– l’écriture d’un texte original, inspiré très librement par les auteurs, le climat et la structure musicale de chaque œuvre, en espérant renouveler l’approche du «livret».