Four For

Four For

Technique mixte. Piano automatisé, laine brute, bois, métal, pianiste, percussion, interprètes, écrans et texte original. 2019.


C’est un texte sur la stase et les métastases.

C’est une pièce sur la place de la musique dans nos vies.

C’est une installation sur les espaces et les hyper-espaces.

C’est une histoire qui se déroule dans le cerveau de quelqu’un qui va très mal et très bien à la fois.

C’est un spectacle pour quatre interprètes, qui s’appelle Four For et non For Four.

Notez bien, il y a une pièce de John Cage qui s’appelle Four 4, ce qui n’est pas tout à fait la même chose mais n’est pas sans rapport avec ce spectacle.

 

1986 : Morton Feldman, compositeur américain, est sur son lit de mort. Un thérapeute aux méthodes singulières, venu accompagner sa fin de vie, effectue un voyage astral à l’intérieur de son insconcient. Il s’y perd, et y trouve folie et réconfort. Deux collègues tentent de le rejoindre. Ensemble, ils luttent avec les moyens du bord, et font de la musique en milieu hostile. Comment ça se passe, dans un cerveau qui dysfonctionne, et dans lequel on n’a pas été invité ?

Si, comme le dit Oliver Sacks, nous sommes une espèce musicale, et que notre cerveau se nourrit de son, y a t-il des superaliments musicaux ? Que se passe t-il lorsque nous sommes en surdose ?

Morton Feldman a pu décrire sa musique comme une «stase vibratoire». Four For vise à matérialiser au plateau cet état, et à élever le niveau d’écoute du public jusqu’à ce que les associations d’idées se fassent plus librement.

Avec l’intuition que la pensée musicale codétermine notre pensée tout court, on postule qu’il y a dans les rapports humains des intervalles, de l’harmonie, une tonalité, du rythme. Des conversations en 4/4, du sexe en 6/8, des gouvernements en sol mineur. Et qu’en comprenant mieux le phénomène musical, on comprendra mieux la société.