Métrage Variable

Métrage Variable

Métrage Variable est une performance autour de la variation. Le dispositif, formaliste mais tordu, associe une vidéoprojection à une présence solo, entre stand-up savant et music-hall mutant.

Métrage Variable est construit autour d’un ensemble d’images, dont l’ambiguïté permet de les associer librement. Dans le spectacle, ce catalogue est utilisé exhaustivement à plusieurs reprises, dans cinq pièces qui sont cinq variations autour d’un même corpus.

Les spectateurs sont donc exposés aux mêmes données, dans le cadre de cinq courtes performances qui se suivent sans se ressembler. Les aléas du respect de la contrainte donnent lieu à diverses pirouettes sémantiques, effectuées avec une élégance variable mais dans la plus grande transparence.

Métrage Variable donne à voir le hors-champ du spectaculaire et le hors-piste du grand schuss de l’invention. Dans ce cinéma de brouillon où combines et combinatoire livrent un match grotesque et doux, on va droit dans le mur en chantant.

 

Après quelques performances ici ou là, Métrage Variable fût mon premier « spectacle » à proprement parler, suite à une commande de mon ami Sébastien Vial pour le vernissage d’une expo collective de peinture à la Maison Folie de Wazemmes en 2004. Au grand dam de ceux qui voulurent le programmer, le projet était de ne jamais refaire deux fois le même spectacle, tout en gardant les mêmes matériaux, jusqu’à épuisement de leur signification. Ce fût le réceptacle de toutes mes tentatives en art vidéo pendant des années, qui devaient par la suite être recyclées dans d’autres projets (Bonjour Concert, &&&&& & &&&).

De date en date, ce fût parfois génial (miracles liés aux interviews vidéo improvisées avec France Culture), parfois laborieux (quelques scandales mémorables dus à la nature instable du contenu…et du comédien), mais toujours profondément expérimental et punk dans la méthode.

Ce fût un projet extrêmement formateur et passionnant, qui tourna essentiellement en France, avec des incursions à Bruxelles, Amsterdam et Zagreb. La pièce a tenu bon jusqu’en 2011, date à laquelle elle eut le droit à un enterrement de première classe, l’expérience ayant abouti à un spectacle dont le contenu ne bougeait plus.